Clovis Dominici….   

Clovis Dominici est un témoin primordial dans l'affaire de Lurs, d'abord témoin visuel, parce qu'il a vue et arpenté les lieux du crime, il a été un des premiers a arrivé sur place le matin du 5 Aout 52, il a vu  le corps  des Anglais et leurs emplacement. Ensuite Clovis et un témoin auditif, il reconnaît la carabine et entend de la bouche de son frère, Gustave, que c'est le père qui a fait le coup. Alors le jour ou Gaston avouera la tuerie a Clovis, un soir d'hiver, il ne pourra plus douter, oui le père est un assassin, et il gardera ce lourd secret pendant plusieurs Mois, jusqu 'au jour ou, Gustave pressé de questions dénoncera Gaston, Clovis libérera sa conscience , il n'en pouvait plus, même sa femme Rose ne savait pas.

Pour lui le début du calvaire a commencer le jour ou le Commissaire Sebeille lui a fais voir  la carabine retrouvée dans la Durance, bien sur il la reconnu et il
savait quelle n'était plus dans la remise, le meurtrier était donc de la Grand'terre mais il fallait garder le secret et tenir…

Moment crucial du procès de
Digne, le doigt du fils ( Clovis )
accuse le père,( Gaston ) et
le condamne. 

Clovis, mourra en 1959 sans revenir un instant sur ses aveux.


Clovis Dominici a quitter la Grand'terre depuis quelques années, il habite une petite maison a Peyruis et travail a la SNCF comme poseur de voie. Il raconte ce qu'il a vu le matin du 5 Aout et la suite des évènements, au magasine Détective en 1954 :

Le 5 août, vers 6 h. 30, je prenais à bicyclette le chemin de mon chantier avec Boyer, lorsqu'on arrivant vers la Grand-Terre, j'aperçus, au bord de la route, ma mère, Gustave et Yvette,

« il y a eu un drame, cette nuit. J'ai trouvé sur le talus, après le pont, une petite fille qui a la tête pleine de sang. Je crois qu'elle est encore en vie ». Je lui ai demandé : « Tu as fait appeler un docteur 
» II m'a fait « non » de la tête. Suivi par Boyer, je me suis précipité vers le talus, où j'ai retrouvé le brigadier Roure. Nous avons aperçu la fillette : elle était morte, vous connaissez la suite. Vous connaissez aussi la confidence que devait nous faire Gustave à Maillet et à moi au début de l'après-midi alors que nous nous étions rendus à la Grand-Terre. Il nous a dit : « En allant voir l'éboulement, j'ai été attiré vers le talus par des gémissements, une espèce de ronronnement. J'ai aperçu la fillette. Elle a encore bougé un bras, mais c'était trop tard pour lui porter secours. » Dans la soirée, j'étais près de la Durance quand un inspecteur y a découvert la crosse de la carabine. Contrairement à ce qu'ont prétendu les avocats de mon père, on ne me l'a pas présentée. Je l'ai seulement aperçue dans les mains d'un policier ; mais je répète qu'il ne s'agissait que de la crosse et il m'a alors été impossible d'identifier l'arme.L'arme entière, le commissaire Sébeille ne me l'a présentée que le lendemain, près du chantier de Lurs. J'ai fléchi ; mes genoux se sont dérobés sous moi : j'avais reconnu la carabine de la Grand-Terre. Cette arme, je l'avais vue, pour la première fois en mai ou juin 1951, sur un rayon, dans le hangar de la ferme. Je l'avais vue une seconde fois un peu plus tard. Je précise, d'ailleurs, tout de suite que, pour la voir, il fallait monter sur une chaise et, par conséquent, avoir à fouiller dans le hangar pour y chercher un outil. C'est pourquoi les étrangers pouvaient fort bien entrer dans la remise sans l'apercevoir.
D'où venait-elle ? Je ne l'ai jamais su exactement. J'ai toujours pensé que c'était un souvenir de la Libération, mais, à la ferme on n'était pas très loquace sur ce point. Une seule chose, d'ailleurs, importait pour l'instant : qui s'était servi de cette carabine pour nier les Anglais ? Le soir-même Gustave me donnait la réponse : « C'est le père ! ». J'étais absolument bouleversé et -- à quoi bon le cacher ? -- pendant quelque temps mes soupçons se portèrent sur mon frère. Ma femme, à qui j'avais tout caché, ne comprenait plus rien à mon attitude .: 'je ne mangeais plus, je ne dormais plus. Et puis arriva cette affreuse soirée de novembre où mon père me confirma, de sa propre bouche, l'horrible aveu que j'ai répété déjà tant de fois : « J'en ai déjà tué trois, hurlait-il en _s'adressant à ma mère, et s'il le faut, je peux
encore en tuer un quatrième » cette fois plus de doute, j'étais le fils d'un assassin.

" Ma gorge se serrait.
je ne pouvais plus manger... "

Un mois plus tard, je me trouvais dans les bois de Saint-Pons avec Gustave, récemment sorti de prison. Nous parlions du crime, de ce souvenir atroce qui me torturait. J'essayais encore d'espérer que mon père s'était vanté, par orgueil, pour affirmer sa puissance, d'un horrible exploit accompli par un autre: j'interrogeai mon frère en tremblant. H me répondit : «.Oui. c'est bien le père qui a tué les Anglais. »
Je me jurais alors de garder le secret. L'idée de dénoncer mon père me rendait fou. Je continuais à aller à la ferme comme par le passé, mais dès que je me retrouvais dans la cuisine de mes parents, ma gorge se serrait : je ne pouvais plus manger. Mon père devait me reprocher, devant la Cour d'assises, de n'avoir accepté chez lui qu'une orange le jour de Noël 1952. S'il avait pu comprendre que sa vue seule suffisait à me couper l'appétit !
Le secret, je réussis à le garder jusqu'au 13 novembre 1953. Mais, lorsque, ç»- soir-là, les policiers vinrent me chercher à Peyruis pour me ramener au palais de justice où ils interrogeaient Gustave depuis plusieurs heures, le commissaire Sebeille me montra la déclaration de Gustave; il avait dénonce le père en donnant sur le crime des précisions effarantes. Il ne mettait plus possible de cacher ses révélations et celles de mon père.

u Mes lèvres ont commencé à bouger ! je parlais... "

Mais, moi, il fallait que je témoigne contre lui-; que j'affronte son regard, tandis que je referais l'affreuse révélation. Je savais que certaines personnes -- celles qui n'ont jamais souffert -- me jugeraient sévèrement, que ma famille viendrait à la barre pour me couvrir d'insultes, que mon père insinuerait sans doute que j'avais participé au crime, que ses avocats me prendraient à partie... Que m'importait ? Une seule chose comptait désormais : la vérité .
-- Tu n'iras pas pour nous, me répétait ma pauvre femme, mais pour les petits.
Dans ce couloir du palais de justice où, parfois, l'un de mes frères, l'une de mes sœurs me lançait un éclair de haine, j'ai attendu de longues heures qu'on m'appelle à la barre. J'étais triste, profondément triste, mais je n'avais plus.peur. Parfois, quand dans la salle d'assises voisine, le silence " se faisait impressionnant, des éclats de voix parvenaient jusqu'à moi ; la voix de mon père, calme, bien assurée. Et je me disais : « Tu dois être aussi ferme pour dire la vérité qu'il l'est pour proclamer son innocence.
»
Quand mon nom lancé par l'huissier a retenti dans Je couloir, je me suis arraché à ma chaise et j'ai marché vers la barre des témoins comme un automate. Péniblement, j'ai réussi à desserrer mes mâchoires contractées pour ouvrir la bouche. Les mots s'arrêtaient au fond de ma gorge. Sur ma gauche, je sentais le regard de mon père s'appesantir sur moi. Puis, soudain, à travers un brouillard, j'ai entrevu les visages attentifs des juges, des jurés, de tous ces gens qui voulaient la vérité. J'ai revu devant moi le visage écrasé de la petite Elizabeth. Mes lèvres ont commencé à bouger : je parlais, je répétais les paroles de mon frère, Jes aveux de mon père...
Il m'a crié : « Menteur, hypocrite, fils indigne » ; il m'a maudit ! Qu'importé < J'avais dit la vérité. Plus tard, Gustave m'a lancé des insultes à la face ; ma sœur Augusta, m'a traité de lâche ; Caillât a tenté de me traîner dans la boue.
Sinistre comédie ! Pauvres gens ! J'ai eu pour eux plus de pitié que de rancœur ; j'ai plaint, du fond du cœur, tous ces malheureux qui s'embourbaient dans le mensonge. Sous l'avalanche d'injures, sous le regard courroucé de mon père, je me sentais, .sinon heureux, du moins libre. Eux, ils étaient prisonniers de leurs affreux mensonges !
Mais lorsque après "ces minutes d'enfer, j'ai tourné mon regard vers le fond de la salle, mon cœur s'est arrêté de battre.
Recroquevillée sur son banc, une vieille paysanne en deuil cachait sous son mouchoir ses pauvres yeux brûlés par les larmes : ma mère, cette sainte, cette martyre. Tout bas, de loin, je lui ai demandé pardon de n'avoir plus le droit de la consoler.



A la lecture de ces lignes, tiré du magasine « détective » on comprend mieux pourquoi Gustave est revenu aussi vite sur ses aveux, en effet , Clovis avait la pression de la famille avec qui il
devait finalement couper les ponts , il n'habitait plus la Grand'terre , alors que Gustave devait supporter tout le reste de la famille.
Gustave, le tave, a fait l'objet de pression des son retour a la Grand'terre.


Si Clovis a avouer que c'est  Gaston  qui avait tuer, c'est parce que Gustave l'avait fait le premier, ensuite il na plus jamais varié dans ses déclarations quoi qu'il lui en coûte.  Clovis est mort en 1959 sans revenir sur ses aveux, en ne revoyant jamais sa famille, pour lui, la vérité passant avant tout, il voulait que ses enfant sachent.

Clovis n'avait aucun intérêt a accuser le père de ce crime odieux, même si il avait été fâcher un temps avec Gaston, l'histoire était terminer depuis bien longtemps, et au moment du crime leurs relation était bonne, ils se côtoyait fréquemment . 


Les « frères ennemis »  Clovis a l'extrême Gauche, et a  droite, Gustave et Yvette, traverse, sans lui lancer un regard,  la rue derrière le Palais de Justice, pendant le
procès.

Photo prise au même endroit, en 2004, la porte de droite est la porte dérobé du palais de Justice de Digne.